CAFI est l'acronyme de Cité d'Accueil des Français d'Indochine, "Cité" plus communément appelée "Camp" par les habitants du site, puisque ancien camp militaire.

 

Avril 1956, Louise, 9 ans, de père français et de mère vietnamienne, dite eurasienne quitte l’Indochine avec toute sa famille sur le bateau le ''Captain Cook''. L’appareillage est précipité, mais dans leurs bagages un morceau de leur monde, des graines : piment, maïs blanc, liseron d’eau, aubergine violette… '' La France est sûrement impatiente de nous rencontrer : une grande dame debout au bord de la mer, vêtue de bleu, de blanc, et de rouge''.

 

Mais l'arrivée est sinistre, l’accueil brutal, si loin de l’image rêvée. En 2014, la mère de Louise vit encore dans cet ancien camp militaire, lieu de transit provisoire et dans des baraquements non conçus comme lieux d'habitations. En suivant Louise de son exil vietnamien à ses vieux jours dans le ''Camp des Chinois'' de Sainte-Livrade-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, CAFI tisse les fils de l’histoire de ces Français, dits d’Indochine. Souvent avec humour, à travers l’expression de sa force de vie, elle nous amène à éprouver ce que vécurent ces milliers de familles rapatriées d’Indochine ou d’ailleurs. Par-delà ce destin individuel, c’est celui de tous les migrants, immigrés, indigènes qui se dessine.

 

La mise en scène sobre et inventive est signée par Georges Bigot, homme de théâtre emblématique qui fut longtemps acteur aux côtés d’Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil.

 

À écouter, CAFI sur France Inter :

 

 


le Bruit des Ombres

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